mardi 23 mars 2010

Aveux

Petite, les yeux bouffis, laissant s’écouler des larmes salées de peine, de désirs oubliées, sur ses joues rougies. Elle n’arrive point à assimiler les raisons qui la pousse sans cesse, sans répit à se mutiler l’âme et le corps, à s’acharner sur une chair déjà à vif. Elle contemple le désastre devant la glace noircie de son malheur. Elle regarde l’ampleur des catastrophes qu’elle a affligée à cet être qui la fixe de ses globes oculaires transcendés de veines qui menacent d’exploser. Devenue comme un mécanisme, un robot au service des voix qui la hantent, elle se retourne vers le mur et s’accroupie devant sa meilleure amie. D’un geste assurée, elle enfonce ses deux doigts le plus profondément que la nature lui le permet, et régurgite son entité, toute sa personne.
C’est fait. Elle est enfin vide. 

lundi 8 mars 2010

Sur ces pages où naquirent une quelconque petite fille...

Je suis née le 6 avril d'une année magnifique; il n'est pas nécessaire de raconter en détails les circonstances de ma naissance qui fût, tout au plus pénible pour ma mère, qui malgré 36 heures passées avec maintes contractions n'arrivaient pas à m'extirper de son ventre, et dû ainsi avoir recours à une césarienne. Mis à part cela, j'étais un bébé mort. Oui, au sens propre du mot, j'étais morte; enfin presque pour dire vrai. Lors de la naissance d'un enfant, sa santé est mesurée à l'aide d'une échelle sur 10 qui détermine si celui-ci se trouve à avoir les dix fonctions essentielles en bonne état de marche. Dans mon cas, je naquis avec un faible 1/10, ce qui reste encore aujourd'hui le plus faible pourcentage que j'ai jamais obtenu dans ma vie.

À peine sortie, dégoulinante de liquide de différentes provenances, et tout juste réanimée par les médecins, mon père m'arracha aux bras de ceux-ci pour me contempler. Il portait ce jour-là une chemise en soie, non pas que je m'en rappelle mais disons que cette histoire me fût contée plusieurs fois, où il prit plaisir à me glisser à l'intérieur afin de me serrer sur son torse emplie d'une chaleur paternelle. Il me regardait plein d'admiration et priait sans cesse Sainte-Marie Mère de Dieu, afin que je sois bénie et que je survive à ma naissance. Comme de fait, ces prières ont portées fruits puisque je suis encore là aujourd'hui pour témoigner de celles-ci.

Mes parents furent surpris au départ de constater que leur petite surprise, surnom qui me fût donné dû au fait que ma mère avait littéralement refusée d'avoir un autre enfant mais se vu incapable de rejeter celui qui grandissait dans son ventre à l'âge de trente-huit ans, était en fait une fille. Mon père ayant eu un garçon de 20 ans mon aîné lors de son premier mariage, et ayant eu un autre garçon six ans avant moi avec ma mère, ils étaient assurés que j'allais entrer dans ce monde avec un petit zizi. Au grand damne de tous, seule ma grand-mère clamait haut et fort que j'allais être une fille. Du haut de ses 78 ans et de ses cheveux blancs bouclées, elle était persuadée de connaître la vérité sur mon sexe. Il est bien entendu que lorsqu'elle apprit la nouvelle, elle s'empressa de regarder tout le monde de son regard le plus condescendant signifiant à tous qu'elle avait encore une fois eu raison.

Mo père m'a souvent racontée que lorsque je suis arrivée au monde, la première chose qui l'ait frappée ait été la longueur de mes pieds. C'est en écrivant ces quelques lignes que je réalise l'absurdité de la chose. Son bébé meurt et il n'a de yeux que pour ses pieds. Ah, ce cher papa et ses quelques lacunes de mémoire.

[à suivre]

L'histoire de ma vie

En tant qu'éternelle égoïste, une idée m'est venue à l'esprit. Aussi centrée sur moi-même que celle-ci peut paraître, j'ai tout de même décidé de lui faire prendre forme. C'est donc pour cette raison que j'ai décidé de raconter ici, l'histoire de ma vie. Sans omettre de détails, si je le puis. Bien que compliquée et parfois inintéressante qu'elle fût par moment, je pense que ce serait une façon de me libérer et de peut-être réussir à conserver une partie de ma mémoire qui tend à s'effacer au fil des années.

Une rose aux allures de pissenlit

Comment serait-ce possible? Aucune réponse plausible ne vient résoudre ces mots tissés ensemble par mes pensées douloureuses à son égard. Des questions plus mesquines les unes que les autres s'entremêlent dans la toile de mes souvenirs, si vagues à présent, pour se joindre à mes projets qui flirtent avec mon esprit. Développer une amitié comme je l'entend est improbable, certes, mais est-ce nécessaire d'affranchir les minces liens qui rattachent nos chemins? Qui suis-je? Qui sommes-nous? Devons-nous laisser notre enveloppe charnel décider des âmes que nous côtoyions? Ne devrait-on pas laisser libre cours à notre esprit de vagabonder avec qui bon lui semble au lieu de s'imposer de telles barrières d'âge? Les gens parlent. Les gens s'offusquent. Ceux-ci, dans ma plus humble idée, n'ont simplement pas encore compris que la sagesse se gagne par l'expérience qui vient, oui c'est vrai, avec l'âge, mais aussi par la vie que chacun s'est vu destinée ainsi que de bien d'autres façons.

Dès ma plus tendre enfance, j'ai eu la chance d'être traitée comme une adulte, alors que je ne savais encore point comment attacher mes souliers. Pour mes géniteurs, il était primordial que je comprenne ce qu'était la vie et que je sache qu'ils avaient confiance en moi. Parfois, lorsqu'il m'arrive de débiter sur certains sujet concernant ma jeunesse, j'en trouve certain qui se voit offusquer de la manière dont mes parents m'ont aveuglément fait confiance. De mon côté, je les remercie chaque jour pour cette liberté qui m'a été accordée avec une telle bonté. Pour vous donner une fine idée des exemples qui ont pu choquer les plus nerveux de ce monde, est probablement lorsque je dis à tous qu'à l'âge de six ans, je me gardais toute seule sans aucun problème. Je savais qui appeler en cas d'urgence, et j'étais très très débrouillarde.

En terminant, chaque personne est pleine de ressources que nous devrions tous pouvoir partager sans ce voir freiner par l'allure, l'âge ou les différences que cette personne présente. Le mot de la fin étant que je souhaiterais qu'au retour de C., elle décide de poursuivre notre communication malgré mon départ de l'établissement dont nous partageons les corridors.

dimanche 7 mars 2010

Amour du temps.

Tristes sentiments oubliés sur une page de papier brûlée. Nostalgie de ce temps où le soleil brillait; où la mer faisait danser les vagues avec agilité; où nos corps s'entrelaçaient sur le sable brûlant en ce mois d'août étonnant. Déjà plusieurs années ont passées depuis ce moment attendrissant, amoureux et prenant. Années parmi lesquelles nous avons changés, grandis, évolués, certes pour le mieux dans certain cas, mais ces changements furent mortels pour le "nous" que nous disions avec tant de facilité. Encore nous nous rappelons notre rencontre, et la mélancolie de ces instants nous prend. Pourtant, encore enlacés aujourd'hui, mais cette fois dans ton lit, l'amour est encore présent, malgré les saisons qui ont passés, et l'eau qui sous les ponts à coulée.
 

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